Douze mesures de protection de l’économie

Face à la crise financière, il est temps de prendre des mesures de protection de notre économie. C’est tout le sens du projet que je présente aux Français.


Faire l’impasse sur un risque majeur – celui que l’Espagne fasse défaut d’ici la fin de l’année – serait une erreur fatidique pour la gauche. Jacques Sapir – économiste de renom et auteur de La démondialisation, livre dont je conseille la lecture – faisait remarquer que d’ici la fin de l’année, la moitié des 21 % des chômeurs espagnols serait en fin de droits.
 
C’est évidemment un drame humain pour des millions de citoyens espagnols qui se profile. Mais c’est surtout un risque majeur dans un pays dont la croissance passée a été tirée par l’endettement des ménages et une imposante bulle immobilière. Pour les banques ibériques, des chômeurs en fin de droit, ce sont des
crédits non remboursés. Et c’est une crise bancaire qui pointe…
 
La dégradation des notes de plusieurs gouvernements provinciaux espagnols incite en effet à regarder avec vigilance l’évolution de la situation espagnole. Comment ferons-nous pour pallier un défaut de l’Espagne ? Le total des dettes est équivalent, en Espagne, à cinq fois le PIB ! Eurobonds et mutualisation de la dette ? Les Français y semblent davantage prêts que leurs voisins. Nous pouvons aussi envisager la monétisation de la dette. Cela permettrait au moins de dévaluer quelque peu l’euro, surévalué, dans un univers de monnaies (yuan et dollar) sous-évaluées. Sans ces solutions, les trous d’air économiques à répétitions que les orages de la dette nous font vivre, risquent de se transformer en cyclone de la dépression !
 
Dans ce contexte, la « règle d’or » sera pour notre pays l’an I des années de plomb. La droite – et ceux qui calqueront leur programme sur le sien – n’aura d’autre choix que de faire subir au pays des « plans de rigueurs » en rafale s’ils ne changent pas radicalement de discours et de politique. Un plan de rigueur, ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des vies. Un plan de rigueur, dans les proportions en question, cela se chiffre en coût humain : c’est par exemple moins d’infirmières et de médecins et des couloirs d’hôpitaux remplis de brancards qui bouchonnent. Un plan de rigueur, ça ne se chiffre pas, ça se vit !
 
Pour ma part, je pense qu’en politique, il n’y a qu’une règle à tenir, c’est de dire la vérité. Et la vérité est la suivante : soit nous changeons radicalement de politique, soit nous risquons de subir la plus vaste période de récession de notre histoire économique.
 
Une alternative reste à bâtir. Cela nécessite de bâtir un protectionnisme européen, social, environnemental et industriel. Cela nécessite de bâtir conjointement avec l’Allemagne et les quinze autres membres de la zone euro, une stratégie politique de gouvernement de notre monnaie unique. Cela nécessite surtout le courage de la vérité. C’est tout l’objet de ma candidature.

J’inscris ma candidature dans la perspective d’un changement radical d’approche économique.

Si je suis élu président de la République, la première des lois que je demanderai au Parlement d'adopter en urgence sera une grande loi de protection de notre économie qui réduira la dépendance à l'égard de la finance, réduira la dette et reprendra le contrôle du système financier.
 
La première de ces mesures sera simple : prohibition, sous peine de confiscation des avoirs et de perte de licence des établissements bancaires, de toute forme de spéculation par les établissements financiers avec l'argent de leurs clients.

La deuxième mesure consistera en la fermeture des filiales des établissements financiers situés dans les paradis fiscaux, avec rapatriement obligatoire des avoirs appartenant aux ressortissants français sur le sol national, avec non opposabilité du secret bancaire.

La troisième mesure que je propose relève du bon sens et a été appliquée avec succès dans le passé : séparation obligatoire des activités entre banques de dépôts et banques d'investissement.

La quatrième mesure de mon projet est la mise sous tutelle des établissements bancaires exerçant sur le sol national, sans indemnité du trésor public, avec
entrée dans le conseil d'administration de représentants du gouvernement, des usagers du crédit entreprises et ménages, et les salariés de la banque.

Autre mesure que je propose aux Français dans cette campagne : l’abrogation des pouvoirs des autorités administratives indépendantes chargées de la surveillance des institutions et des marchés financiers et transmission de leurs pouvoirs au ministre de l'Économie et des Finances…

Pour être efficace dans la lutte contre la dette, voici ma 6e mesure de sécurisation de l’économie : création d'une taxe sur les transactions financières de 0,1 % au plan national en cas de non création d'une telle taxe au plan européen, afin d'assurer le remboursement de la part de la dette de la République française constituée dans la crise financière.

Ma septième proposition est l’obligation d'investir tout ou partie de l'épargne collectée par le système bancaire dans l'économie nationale ou européenne.

Je suis en outre favorable à un salaire maximum fixé par la loi des traders, courtiers et dirigeants des institutions financières.

Je propose de démanteler les agences de notation en interdisant aux investisseurs institutionnels d'y avoir recours en les contraignant à évaluer les risques par eux-mêmes, et en punissant les conflits d'intérêts dont les agences sont coutumières.

Je propose la création de nouvelles normes comptables européennes aux exigences renforcées définies par la loi.

L’interdiction des rachats d'entreprises par voie de LBO et contrôle par le gouvernement des OPA sur nos entreprises industrielles en provenance de fonds souverains non européens sera une autre mesure que je prendrai.

Je propose l’effacement d'une partie du surendettement des particuliers en réduisant d'autorité et drastiquement par la loi les taux d'intérêt usuraires appliqués aux utilisateurs du crédit à la consommation, victimes des abus du système bancaire.

Ces mesures, vous pouvez les approuver dès le 9 octobre prochain.

En attendant, vous pouvez retrouver mes autres propositions et interventions sur : arnaudmontebourg2012.fr