Contribution Sylvia Pinel n°2

Sylvia Pinel

Pour une économie de confiance

Redresser l’économie de la France, pour assurer l’emploi et garantir la protection sociale, exige à la fois l’ambition, le sens du réel et celui du possible.

Je me garderai donc de proposer un modèle d’allocation des revenus peut être idéal, mais qui  n’est pas dans les moyens de la France d’aujourd’hui. Ou un plan d’investissements publics à la « Marshall », mais qui ne répond pas à la vraie question, qui est celle des capacités d’investir de nos entreprises.

Notre économie, comme celle de la planète entière, repose sur l’entreprise. C’est l’entreprise qu’il faut donc, en France, renforcer pour assurer l’investissement, la croissance et l’emploi et la redistribution.

La renforcer en la débarrassant de charges qu’elle n’a pas à supporter, en particulier celle de la politique familiale. En modernisant l’imposition des sociétés, de manière à éliminer les pratiques de délocalisation pour des raisons fiscales, et à assurer la taxation en France des bénéfices des géants étrangers de l’économie numérique. En apportant un soutien spécifique à nos Très Petites Entreprises, qui assurent l’emploi, l’animation des territoires, et la transmission des savoir-faire. Sans bouleverser nos équilibres budgétaires, aggraver la fiscalité des ménages ou reporter une dette alourdie sur les générations futures.

Mais il ne faut pas seulement renforcer l’entreprise. Il faut aussi la réformer. Car elle ne doit pas être la seule affaire des apporteurs de capitaux. Elle doit être vue, il est temps, comme une communauté d’acteurs, où les salariés doivent prendre toute leur part. Dans la gestion des grandes entreprises, où leur place dans les conseils d’administration doit être considérablement renforcée. Dans la répartition des profits de l’entreprise. Il faudra en particulier rendre obligatoire une clause d’intéressement aux bénéfices dans tout accord d’entreprise par lequel, au vu de difficultés conjoncturelles, seraient demandés aux salariés des efforts particuliers en matière de temps de travail ou de rémunération.

La participation digne et responsable du salarié à la vie de l’entreprise est par ailleurs incompatible avec l’emploi précaire. Les entreprises doivent être incitées à favoriser l’emploi durable. Je le propose à travers un crédit d’impôt CDI.

Mon projet, ainsi, c’est celui d’une économie fondée sur la confiance. Confiance de l’État dans l’entreprise. Confiance de l’entreprise dans tous ses acteurs, et d’abord dans ses salariés.

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