Message de Vincent Peillon aux Français de l’étranger

Mes chers compatriotes,

Au moment où la classe politique paraît plus que jamais divisée sur le destin de notre pays, sa place dans le monde, et le message qui doit être le nôtre, j’ai souhaité m’adresser directement à vous.

Là où vous êtes, vous êtes la France, vous êtes sa voix, sa présence, son rayonnement.

Plus de deux millions d’entre vous avez fait le choix de vivre hors de France et vous êtes de plus en plus nombreux à faire le choix de l’étranger. La communauté française à l’étranger a doublé en dix ans. Mais pour moi, que vous soyez expatriés temporairement ou résidents permanents, que vous ayez la nationalité française ou que vous soyez binationaux, vous êtes Français, pleinement Français. Vous êtes une richesse pour la France et votre appartenance à la communauté nationale ne doit en aucune manière être questionnée, vous n’avez pas à choisir. Etre de gauche, c’est refuser précisément de fonder la nationalité sur autre chose qu’un acte d’adhésion : à nos valeurs, à notre histoire, à notre culture, à notre langue.

Vivre hors de France est une chance.

Dans un parcours de vie c’est un enrichissement personnel. Mais pour notre nation, c’est une chance aussi que de pouvoir disposer partout de voix, de relais, de femmes et d’hommes qui se battent pour que la France soit aimée, respectée. Pour nombre d’entre nous, quitter la France, voir le monde, s’ouvrir à d’autres cultures, est une opportunité, et il ne faut jamais hésiter à la saisir. Souvent bilingues, parfois mariés à des conjoints étrangers, vous transmettez aussi à vos enfants la richesse d’héritages culturels diversifiés.

Pour accompagner nos compatriotes établis hors de France, beaucoup a été fait durant le quinquennat de François Hollande.

Dans un domaine qui m’est cher, l’éducation, il a été mis un terme à la fausse gratuité voulue par Nicolas Sarkozy et qui a eu pour conséquence d’augmenter de manière brutale les frais de scolarité de nos établissements. La réforme des barèmes d’attribution des bourses a permis de préserver la mixité sociale dans notre réseau scolaire. Nous avons également accompli des réformes importantes pour simplifier l’administration consulaire, numériser les procédures, et rapprocher les Français de l’étranger de leurs représentants avec la loi de Juillet 2013 qui a permis l’élection en 2014 d’un nouveau réseau d’élus de proximité.

Les 22 et 29 janvier prochains, vous devrez choisir le candidat de la Gauche.

Le débat des primaires, je l’espère, aura contribué à clarifier les positions des uns et des autres sur des questions qui vous concernent au premier chef et que je souhaite aborder avec vous.

Vous le savez, je suis profondément Européen. C’est la raison pour laquelle j’ai proposé un « New Deal Européen ». J’appelle l’Europe à un sursaut au moment où le doute et les populismes minent de l’intérieur le projet de paix et de coopération de ses pères fondateurs. Ce « New deal » repose sur un engagement fort de notre pays à tenir les objectifs qu’il a lui-même souscrits, mais en contrepartie il doit nous permettre d’obtenir que l’Europe joue pleinement son rôle dans la relance économique mais aussi dans son action de régulation des effets les plus dévastateurs de la mondialisation.

Parce que l’avenir de notre pays dépend aussi de l’éducation que recevront nos enfants, je souhaite permettre à tous nos compatriotes l’accès à un enseignement français de qualité. Il faut pour cela limiter la hausse des frais de scolarité. Parallèlement, je souhaite multiplier les accords de coopération éducative pour créer des sections bilingues francophones dans le système public local, en rapprochant les systèmes éducatifs au moins au niveau européen débouchant sur une double certification, et en doublant le budget du programme Français Langue Maternelle.

Face à la montée des inégalités, je veillerai à renforcer la protection sociale pour les plus démunis de nos compatriotes en facilitant l’accès à la Caisse des Français de l’Étranger. Pour y parvenir, il nous faut revoir son mode de gouvernance et surtout sanctuariser les crédits d’aide sociale versés aux consulats et aux associations de solidarité.

Je n’oublie pas non plus les défis sécuritaires. Les attentats qui ont endeuillé la France, vous touchent également profondément. Nous devons là encore poursuivre nos efforts, tant la menace s’adapte et cherche à nous surprendre. Dans ce contexte, le lien avec nos compatriotes est vital : à travers nos consulats et l’enregistrement consulaire ; via le site Ariane pour les Français qui se rendent temporairement à l’étranger. Je m’engage par ailleurs à maintenir dans la durée les capacités du Centre de crise du Quai d’Orsay et j’allouerai des moyens additionnels à la préparation de la gestion de crise de nos postes les plus exposés. Je suis également favorable à l’adoption d’un plan d’investissements sur cinq ans visant à accroître la sécurité de nos établissements scolaires et des Instituts français.

Je propose, enfin, de faciliter la mobilité vers l’étranger et le retour en France. Les jeunes Français doivent être mieux informés au cours de leur scolarité des possibilités de stages, de formation, d’études à l’étranger. Je souhaite ainsi doubler en cinq ans le nombre de Volontaires internationaux en Entreprise. Pour le retour d’expatriation, afin de simplifier la vie de nos compatriotes, nous devrons mettre en place un guichet unique pour toutes les démarches administratives.

Mes chers compatriotes, vous recevrez dans les prochains jours un courriel et un SMS pour participer aux Primaires de la Gauche : 16 000 d’entre vous se sont déjà préinscrits. J’y vois la marque de votre intérêt pour les grands chantiers qui doivent s’ouvrir pour notre pays. J’y vois aussi votre attachement à la Gauche pour porter nos valeurs de fraternité et de solidarité à un moment critique pour notre pays et pour l’Europe. Loin des projets mortifères de ceux qui prônent le repli sur soi et souhaitent isoler la France, je veux avec vous remettre l’Europe au coeur de notre projet, pour une France juste, laïque, fraternelle et unie.

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